La Diagonale du Gogol – 27/04/2018

Marion me mettait la pression depuis plus d’un an : « si tu passes du 6a en tête à vue, on pourra faire la Diagonale du Gogol » ! Ok, je ne vois pas du tout de quoi il s’agit, mais comme j’ai un penchant particulier pour les Diagonales à la con, j’accepte le défi !

Nous voici arrivés dans un petit camping sympathoche à la jonction entre la Jonte et Le Tarn pour passer une semaine de « vacances » en famille et entre amis (les guillemets, c’est parce que Damien et Marion n’ont pas la même conception des vacances que le commun des mortels !). La météo s’annonce capricieuse sur la semaine, alors on profite du beau temps présent pour aller préparer le terrain : on installe des moulinettes pour les enfants puis Marion me fait réviser les manips. Je me répète : « reste concentré Gongon, c’est pas les lacets de tes patogaz, un oubli se paye de ta vie ou de celle de ton partenaire ! » et on enchaîne avec une grande voie, ma première !

Ça s’appelle « Les femmes et les grimpeurs d’abord », il y’a 3 longueurs (5c, 5b, 5c+) et ça ressemble à ça :

Bien vu de la part de Marion, c’est pas trop dur donc ça me met en confiance et c’est pas trop long donc on s’économise pour la Diagonale. Et surtout c’est absolument magnifique, on a même le privilège de voir de près les vautours sillonner la gorge en dessous de nous : ils sont majestueux !

On redescend tout ça en rappel et on retourne au camp.

Le lendemain, la météo reste optimale, on y va : La Diagonale du Gogol, 6 longueurs (5a, 5a, 5a, 6a+, 5c, 6a), y’en a pour la journée !

Une belle petite marche d’approche, on mange rapidement au pied de la voie et on s’engage. Le lendemain, Marion m’avouait que je n’étais pas très bavard à ce moment-là… le stress !

Bref, Je pars sur la première longueur, Marion fera la suivante en tête et ainsi de suite, c’est du relais réversible (si j’ai bien suivi). Les 2 premières longueurs ne présentent pas de difficultés majeures et j’essaie de m’économiser autant que possible pour la suite. La vue est toujours incroyable. Le vent commence à se lever, on profite d’un relais pour enfiler une polaire et faire quelques photos.

La 3ème longueur est particulière, il s’agit d’une grande traversée horizontale. Je ne suis pas fan mais ça passe plutôt facile. Marion me rejoint et se prépare pour la grande difficulté de la voie ! Malheureusement, le vent lui a donné mal à la tête et elle attaque le mur « troué » moins en forme qu’à son habitude. Elle part en tête quand même (ouf !) et gravit cette dalle légèrement déversante avec un peu de mal – elle me dira n’être pas satisfaite d’elle. Moi je trouve ça très bien et j’espère être capable d’en faire autant ! J’ai bien observé son passage et pars à mon tour en voulant copier son itinéraire… mais les prises que je trouve m’emmènent à l’opposé et j’improvise donc mon propre chemin. J’en bave aussi mais rejoins assez rapidement le mur en surplomb qui permet de trouver des positions de repos salvatrices. Ca passe en mode survie, ça ne doit pas être très beau à voir. Je rejoins Marion, tout content mais ça n’est pas fini !

Je repars en tête pour une autre traversée horizontale dont je ne suis toujours pas fan. C’est relativement court, Marion arrive et s’engage sur la deuxième et dernière difficulté, elle me prévient : « là, c’est plein gaz ! », mais je suis pas sûr de bien comprendre. D’autant que je ne l’ai pas vu passer car elle était masquée par l’éperon qui nous séparait… Donc j’y vais à mon tour et là je comprends : tu te retrouves carrément au-dessus du vide, c’est beau et hyper impressionnant, voire un peu flippant. Il faut maintenant monter dans un dièdre et c’est assez technique, je décroche même une fois – l’occasion de tester le matos – avant d’en finir bien essoufflé ! Et heureux !

Une bonne heure de marche pour rejoindre la voiture et on retrouve Damien et les enfants qui ont fait une belle rando à la journée.

Le lendemain, c’est repos à la sauce Damien : 20km de canoë dans le Tarn, « chargeant » tour à tour Marion, les enfants et moi.

Et comme la veille du départ, on a eu le droit à une éclaircie, Damien m’a entrainé sur une nouvelle grande voie, Le Bitard (5b, 5b, 5c, 5a). Et je l’en remercie car c’était vraiment magnifique aussi et ça aurait été dommage de se priver de ça.

Une semaine à inscrire au Panthéon des séjours mémorables !

 

7 réponses sur “La Diagonale du Gogol – 27/04/2018”

  1. C’est un peu étrange, mais très amusant de lire le récit de ses propres vacances sur le net.
    Là où Hugo trouve ça « beau et hyper impressionnant, voire un peu flippant », j’en connais plus d’un qui auraient appelé leur mère en tremblant des deux genoux. C’est assez déconcertant de voir avec quelle facilité il s’est mis à l’escalade en grandes voies ! A part une évidente perte de loquacité (« hmmm… » devenant à peu près le seul vocabulaire à sa disposition, une heure devient longue au possible), l’oubli de corde, accessoire absolument facultatif dans ce sport, semble être le seul signe trahissant sa concentration extrême.
    Bravo Hugo, et merci mille fois pour la balade !

  2. Wahou (ter)! Sublime, vertigineux et exigeant, ça c’est un récit de vacances qui en jette 😉 Bravo pour l’exploit!

  3. Wouha super! Le récit et les photos permettent de bien se rendre compte de la taille du défi! ça fait rêver mais ça paraît totalement impossible quand on y connaît que dalle. Et sinon y a un sport où vous êtes nul? 😉

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