Rage Tour Girls II

Un Rage Tour Girls en appelant un autre, la deuxième édition, et pas des moindres, a eu lieu à l’automne dernier dans la superbe forêt de Mervent.

Dans notre petit château en guise d’hébergement et avec un stock de parcours mitonnés par Anne Christine et tracés sur une carte IGN personnalisée, svp, nous voilà perdues, et c’est peu de le dire, dans le secteur isolé au possible de l’Ermitage de Pierre Brune. Continuer la lecture de « Rage Tour Girls II »

Shimano Epic Enduro 2016

La SHIMANO EPIC ENDURO (SEE), c’est 110km et 4500m de dénivelé à faire à VTT dans la journée. Il y a 9 spéciales (descentes chronométrées très techniques) réparties sur 3 boucles associées à 3 portes horaires.SEE 349

Si c’est pas clair, regardez cette vidéo : https://vimeo.com/163831020

Pourquoi ?

Parce que ça fait bien trop longtemps que je me laisse entrainer dans vos conneries en course à pied – un défi en appelant un autre – mais moi à l’origine, j’aime pas courir !!! Alors cette année, j’ai pris les choses en main… et j’ai lancé les inscriptions pour les 2 courses VTT les plus improbables que j’ai trouvées : la SEE donc et la TRANSPYR.

Pour la Transpyr, j’ai trouvé 2 acolytes (rendez-vous en Juin) mais pour la SEE j’ai pas réussi à motiver un seul rageux… Dommage, mais ça fait longtemps que je rêvais de m’essayer à l’enduro, donc je n’ai pas renoncé « j’irai seul ! ».

Enfin, ça c’est que je croyais… puis j’ai rencontré Bruno sur le site de l’orga !! Bruno, c’est un Breizh Troopers (http://breizh-troopers.blog4ever.com/) dont le pote s’est blessé et qui du coup me laisse sa place dans la voiture et le logement : merci Stéphane et bon rétablissement 🙂 Donc Vendredi, nous prenons ensemble la direction d’Olargue. Notre terrain de jeu sera le parc naturel du Haut-Languedoc !

20160408_183355Samedi, pour se donner une idée de l’épreuve et se dégourdir les jambes, on décide de faire la reco de la spéciale 2 (SP2)… Bon, la montée est balèze mais avec un petit rythme de croisière on arrive en haut en 50 minutes environ. Au passage, on a rejoint Patrick, un Australien vivant en France qui connaît déjà l’épreuve ! Bref, on attaque tous les 3 la spéciale et là, c’est la méga douche froide pour moi !!!!! La descente est à des années lumières de ce que j’avais imaginé… Des énormes pierriers avec une pente hallucinante… Des barres rocheuses déjà casse-gueule à pied… l’ultra stress !! Je cherche à me rassurer auprès de Patrick :

  • « elle est hyper technique la 2ème spéciale, non ? »
  • « Non pas trop, elle est dans la moyenne… les pires sont les SP4 et SP7 »

Ok, maintenant c’est la panique TOTALE !!! L’objectif de simplement finir la course en un seul morceau me parait carrément devenu inaccessible. Je passe ma soirée à me demander comment je vais m’en sortir indemne. Une bière avec Bruno et une platée de sucre-lent plus tard, je file au lit… à 20h30 ! Bah oui, réveil à 3h ça fait mal. Evidemment, je ne dors pas : mélange de stress (que je partage allégrement avec David et Mathieu, merci les gars !) et de mal aux jambes (que je partage avec Bruno ! On a fait 40 bornes quand même). Je vire et tourne dans le lit jusqu’à la révélation : « Ok mon p’tit pote, si tu veux aller au bout sans mourir, va falloir que tu cravaches dans les montées pour avoir le temps de passer les pires sections d’obstacles à pied et ne pas te faire manger par les portes horaires ».

20160410_042600Départ. On commence par 7.5km de montée ! Terrain carrossable, on reste sur le vélo et on avance… j’ai démarré en milieu de peloton alors comme j’ai décidé de mettre les gaz, je double pas mal de monde. MAIS arrive la première spéciale de 3.5km… Je passe le casque en intégral, enfile une veste, genouillères, coudières, dorsale, masque sur les yeux, j’ouvre les suspensions du BMC et baisse la selle au max : Concentration extrême, je bip le chrono puis m’élance dans les 500m de dénivelé négatif à bonne allure. Je me laisse entrainer par les autres pilotes et me surprend à passer des obstacles que je ne pensais pas pouvoir passer ! Je prends quand même une bonne gamelle mais arrive au bip-chrono de fin en ayant limité la casse.

boucle 1Cool ! Mais pas le temps de s’attarder, il faut repartir pour 6km de montée… J’enlève la veste, la mentonnière, le masque, je glisse les genouillères sur les mollets, remonte la selle, verrouille l’amortisseur et la fourche… et m’élance, toujours décidé à monter à un rythme soutenu. Les premiers VTT Assistance Electrique (AE) me rattrapent, ils sont partis 30min après. Je me dis que c’est pas pour moi, que j’aurais l’impression de tricher. Petit portage pour finir la cote puis arrive la SP2. Celle qu’on a reconnue hier.

20160409_163744Casque en intégral, genouillères, masque, suspensions, etc. Oui, ça va vite devenir un petit rituel mais le moindre oubli se paie cash ! Il fait toujours nuit mais comme j’ai embarqué suffisamment de lumens pour éclairer le concert de Johnny au stade de France, je vois comme en plein jour. Je m’élance – un peu rassuré par le bon déroulement de la SP1 – mais non… j’enchaîne gamelles sur gamelles. Je me fais mal, je tords mon cintre, perds une batterie, voile une roue… c’est la cata ! La SP1 était quand même plus facile, je n’ose même pas imaginer les SP4 et SP7 annoncées comme les pires ! Je finis par arriver en bas puis m’élance – après mon petit rituel – sur la 3ème partie de cette première boucle. 7km de montée pendant lesquels le soleil va se lever. Je me répète à nouveau qu’il faut gazer en montée et prendre moins de risques en descente pour ne pas risquer l’accident. Heureusement, la SP3 s’apparente plus à la 1 qu’à la 2 !

Fin de la première boucle, retour au paddock avec une grosse avance sur la première porte-horaire. Comme sur le plan 🙂 Ravito rapide, passage à la voiture pour m’alléger des 1.5kg d’éclairage et c’est reparti pour les 3 liaisons + 3 spéciales de la boucle 2.

boucle 2

Selon les calculs de Bruno, c’est là que ça se joue pour la seconde porte-horaire ! 14km de montée, 900m de dénivelé. J’ai encore les jambes donc je reste sur ma stratégie, va falloir monter fort ! Les pilotes se regroupent pour monter en formation et discuter un peu… J’aperçois 4 mecs qui ont l’air d’avoir le même rythme que moi et décide de me joindre à eux. Pas de bol : il s’agit de 4 allemands, je ne comprends rien à ce qu’ils disent. Mais de toute façon, la montée devient rapidement impraticable en vélo et se termine par un interminable portage – plus d’une heure à pousser le vélo – donc plus personne ne parle 🙁

On commence à maudire les VTT AE qu’on entend arriver de loin avec leur moteur et qui nous doublent comme des motocross en bavardant entre eux comme autour d’un café.

20160410_104318La SP4 est tout aussi interminable que la montée ! 38 minutes de descente pour parcourir 9km de dalles rocheuses hyper cassantes… un vrai marteau piqueur, je ne tiens plus le vélo et suis obligé de m’arrêter fréquemment parce que les doigts et les mollets tétanisent…

Je vous passe la fin de la boucle 2. Je la vis comme la première, des gamelles, des montées, de la sueur et de l’adrénaline. Les paysages sont magnifiques. La SP6 est une mini spéciale urbaine dans Olargues, c’est super sympa !

Je finis donc la boucle 2 avec 78km au compteur. Je suis mort, les jambes brûlent, j’en ai marre, j’envisage sérieusement d’arrêter là, mais j’ai encore 1h30 d’avance sur les portes horaires alors pas question de faire ma rage molle !! J’y retourne…

Bon si j’avais su, peut être que j’aurais été directement à la soupe ! Les 3 dernières ascensions se font principalement à côté du vélo et avec la fatigue, je n’arrive plus à rien en descente… Y’a plus de plaisir 🙁

20160410_104221Je reconsidère complétement la question du VTT Assistance Electrique, finalement ça doit être vachement bien, il m’en faut un !! Heureusement, les paysages sont magnifiques, en particulier sur la spéciale sur les crêtes ! Je franchis toutes les grosses difficultés à pied et préfère minimiser les risques. J’ai vu tellement de mecs abandonner depuis ce matin (casse ou blessure) que je me répète qu’il serait dommage de défaillir si près du but !

boucle 3Ça m’ennuie mais je crois que je deviens sage…

Bref, je finis la course avec un mec qui a le cul en sang à cause du frottement de son cycliste… il ne peut plus s’assoir sur sa selle : c’est long des fois 110km ! On passe ensemble la dernière porte-horaire et l’arrivée à 18h30, soit environ 14h de souffrance. On nous décerne l’Epic d’Or : la récompense des finishers 🙂

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Je retrouve Bruno qui s’est vu remettre l’Epic d’argent, il a stoppé à la fin de la seconde boucle. On file boire une bière, manger un bon repas bien mérité… et bien sûr refaire la course et partager nos expériences respectives !

Au final je fini 264ème sur 800 inscrits. Seuls 290 pilotes seront finishers et Epic d’Or.

Mission accomplie, je suis content 🙂

Cliquez ici pour lire le compte-rendu de Bruno sur le site des Breizh Troopers.